19 avr. 2010

Lisbonne

J'ai eu de la chance parce que Rachid avait aussi des amis à Lisbonne. Après une nuit pas particulièrement confortable dans un train avec un début d'amygdalite, j'ai rencontré ce couple d'avocats portugais extrêmement gentil. Ils m'ont offert de m'héberger au Ibis pour 3 nuits. J'étais presque choquée de voir des étrangers payer 180euros pour me payer une chambre. J'ai eu beau leur dire que s'ils ne pouvaient m'héberger chez eux, j'allais me payer un petit hostel pas cher dans le coin. Mais ils ont insister " tu le mérites bien " qu'ils n'arrêtaient pas de me dire... Alors j'ai accepté. J'étais comme une gamine en rentrant dans ma "luxueuse" chambre. J'sautais sur le lit appréciant un peu de solitude et d'intimité... Surtout après l'histoire avec Kim à Barcelone et aussi après avoir partager un appart avec 5 marocains... Bref j'étais bien contente d'avoir de la place pour moi. J'ai dormi beaucoup, histoire de récupérer de ma nuit dans le train. J'ai visité la ville qui est magnifique. Une température idéale malgré une fin de mois de novembre. J'ai vraiment eu un beau séjour à Lisbonne. Je me suis perdue maintes fois dans les dédales de petites rues, vu les fameux tramway,acheté des St-Antoine et visité son église, j'ai même envoyé un coq par la poste à la maison. Le couple m'a invité à souper en ville, avec des amis, j'ai pu écouter un match de foot façon portugaise.

Mes jours suivant à Lisbonne je les ai passés couchée avec de la fièvre et une amygdalite particulièrement agressive. J'ai essayé tous les bons remèdes pour me débarasser de ça, mais celui qui a fonctionné c'était un bon verre de lait chaud avec une touche de rhum dedans à boire juste avant de s'endormir avec nos vêtements les plus chauds et des couvertures en trop. Le lendemain j'étais déjà beaucoup mieux.

Les portugais m'ont semblé être un peuple particulièrement attachant et accueillant. J'ai beaucoup aimé mes quelques jours parmi eux. Leur histoire est très intéressante et ils sont extrêmement fier d'être portugais en général. J'étais par contre surprise qu'ils ne connaissent absolument pas le sirop d'érable, que j'ai eu le plaisir de leur faire découvrir sur quelques bonnes crêpes :)) La ville est vraiment belle. C'est chaleureux, souriant, agréable.. J'ai eu un très beau séjour.

Je suis partie ensuite vers Madrid en stop pour monter vers Amsterdam. Alors sous la pluie, j'ai tenté de me trouver une ryde pour prendre l'autoroute vers le sud. Commencer c'est toujours la partie la plus décourageante. J'suis montée avec une portugaise trop mêlée avec qui j'ai refait le même trajet deux fois parce qu'elle se croyait perdue. J'ai terminé mon voyage avec un duo de roumains sympas. Ils ne roulaient pas vite et se faisaient des cafés froids en poudre, c'était dégueux! Ils ne parlaient que roumain, mais on a tout de même réussit à se comprendre avec rien d'autre que les gestes et beaucoup de volonté. Je voulais aller à Fuenlabrada dans les environs de Madrid et ils ont juste oublié de me laisser descendre. J'étais un peu perdue à cause de tous les échangeurs en arrivant en ville. Ils ont vu que je commençais à stresser et ils tournaient et retournaient en rond pour trouver un endroit pour me laisser. Finalement en plein échangeur j'ai exiger de me laisser descendre. J'étais un peu sans ressources en plein milieu d'une énorme intersection d'autoroute. J'ai eu de la chance de tomber sur un couple de colombiens qui ont acceptés de me laisser à la station de train pour arriver chez mes amis marocains saine et sauve.

17 avr. 2010

Madrid


Pour faire le trajet entre Barcelone et Madrid j'ai eu encore quelques mésaventures. Vers la fin de journée je suis montée avec un gros trucker étrange. Après quelques essais de conversation infructueux, je veux bien faire des efforts en espagnol mais je connais pas grand choses, je me couche sur sa couchette ( le banc était pris par sa glaciere) et je dors. Quand je me reveille, la nuit est tombée, le truck est en train de ralentir et on est sortit de l'autoroute. Je me pose de sérieuses questions parce que je ne vois pas de station service. Tous les films d'horreur me viennent en tête en même temps. Malgré un stress croissant je tente de garder mon calme et d'évaluer la situation. Il s'aperçoit que je suis réveillée et il m'explique qu'il doit faire une pause d'une heure trente. C'est obligatoire. Bon je tente de lui expliquer en signe et en "a peu près" que je vais chercher quelqu'un d'autre et que si, dans une heure trente, je n'ai pas trouvé personne je vais revenir monter avec lui. Il semble avoir compris mais pas être satisfait. Je suis descendue tellement vite de son truck pour éviter un malentendu avec lui que j'ai faillit tomber en bas du camion...

C'est en sortant que j'ai réalisé à quel point j'avais évité une situation bien déplaisante mais qu'en fait mon vrai problème commençait à peine. J'étais sur une route secondaire, bien loin de l'autoroute. Il fesait complètement nuit et il ni avait aucun lampadaire à proximité. Un trou. Il m'avait laissé dans un vrai trou. J'commençais à sentir la peur de film d'horreur s'installer en moi. J'ai commencé à marcher vers l'ouest. Je voyais un peu de lumière au loin.... J'ai fini par arriver dans une station service, le personnel ne parlait qu'espagnol évidement. J'ai mimer ma direction et mon désir de faire de l'auto-stop. Je les ai traumatisés. Ils m'ont expliqué que je n'étais pas dans le bon sens de l'autoroute. Que de cet endroit, j'allais aller vers Barcelone, et ca c'est si des voitures arrêtaient, vu l'heure tardive et l'éloignement de l'autoroute. Je commençais à freaker un peu la... Un des clients régulier s'en est aperçut et il m'a offert de monter avec lui pour me déposer de l'autre côté sur une station relativement grosse. J'aurais embarqué avec n'importe qui pour aller à peu près n'importe où, tant que c'était loin de se gars la et de son truck. La en sortant dehors, je m'étire le cou pour voir si le truck est encore là, il a bien évidement disparu. Alors l'histoire de pause et tout, c'tait du pipeau. J'ai eu de la chance parce que je serai restée dans cette station indéfiniement. Un couple de lesbienne m'a aidée à finir le trajet en sécurité jusqu'à Madrid.

J'allais chez des amis marocains de Rachid à Madrid. Nous étions 6 dans un 51/2. Bader et Hicham sont devenus mes grands frères que j'adore. Deux gars merveilleux, qui ont pris soin de moi, qui m'ont fait visiter Madrid, qui m'ont préparer les meilleurs thés et les meilleurs tajines...... Et trois frères : Méo ( exactement comme méo dans Elvis Gratton toujours avec un mégot dans la bouche), le barbier ( arrivé illégalement sous un camion de livraison 5 ans auparavant, ayant aujourd'hui tous ses papiers en règle ) et le jeune ( arrivé récement illégalement, encore en train d'apprendre l'espagnol ). J'étais la reine. Ils étaient tellement adorables avec moi. Ils ont été tour à tour pour moi garde du corps, guide, cuisinier, traducteur, professeur, coiffeur... Vraiment des gens exceptionnels. J'ai de loin préféré Madrid à Barcelone. On dit souvent que les voyages c'est un mélange de tout qui fait qu'on aime ou qu'on aime pas. Biensur Kim me laisse un souvenir tellement amer que je ne peux pas vraiment aimer Barcelone autant que Madrid ou j'étais avec des marocains tellement sympathiques. Être la seule de femme parmis eux était particulier, surtout parce qu'ils sont musulmans et que je suis un peu trop féministe pour eux :)

J'ai presque eu la chance de retourner au Maroc avec Hicham en voiture mais il n'y avait plus de place finalement. C'était pour la fête du mouton. Pour compenser une promesse qu'il n'a pas pu tenir, Hicham m'a payé un billet de train vers Lisbonne.

Barcelone

Oh my god.. Il ni a pas d'autre façon de commencer un article sur Barcelone que part un OH MY GOD. J'ai pris l'avion de Marrakech jusqu'à Madrid pour faire du stop ensuite jusqu'à Barcelone, un vendredi 13 en plus ;) Le stop c'est relativement bien déroulé pour parcourir les 600km... J'avais un couchsurfeur kenyen qui acceptait de m'héberger. La chance :) Ben oui toi la chance. J'avais pas prévue que ce serait un psychopathe encore plus parano que moi. C'était toute une histoire. Il vivait avec un mexicain en collocation.

Pour faire une histoire courte le mec a décidé qu'il voulait me ramener en afrique me faire des bébés et vivre heureux pour le reste de nos jours. Relaxe mon pit, ça fait 2h que tu me connais... J'étais l'amour de ça vie. C'parce que quand le gars fait 6'2 et est aussi large que ton frigo tu t'obstines pas trop avec et t'essayes de rien faire pour le contrarier. Mais la game c'est qu'il voulait pas me laisser dormir dans la chambre d'amis VIDE. Le lit était brisé. Il a insisté pour que je dorme ailleurs. On sait tous où. Il ne me laissait pas dormir ni dans la chambre d'amis ni sur le sofa dans le salon. Il avait peur que je reveille son coloc. Hey common man, j'vais dormir pas faire un party rave sur ton sofa. Bref j'ai fini à terre dans sa chambre, avec une couverture que j'ai été obligée de prendre de force, il ne voulait pas m'en prêter une. Criss de cave. Mais bon, au moins Chipie arrivait le lendemain. Monsieur avec ses grands discours le matin suivant m'a fait arriver en retard à l'aéroport.... Grandes embrassades, retrouvailles et déjà une bouitelle de vin dans une gourde pour chacune de nous :) On est rentrée un peu émechées à l'appart.

On a vraiment eu une drôle de semaine. On a dormi tout le temps très tard pour être certaine de croiser Kim le kenyen le moins possible, puis on s'achetait un 6pack chaque qu'on buvait dans un parc et on rentrait tard à la maison pour être sur de tomber sur quelqu'un pour nous ouvrir la porte puisque nous n'avions pas les clés. Je ne peux pas dire que nous ayons vraiment vu les beautés de Barcelone. Oui oui on a bien vu qqs trucs de Gandhi et la Sagrada Familia... Mais bon quand je repense à mon trip à Barcelone, ce que je vois en premier c'est la tête de ce psychopathe la qui entre à 2h du matin dans notre chambre pour me chatouiller les pieds. À lui qui nous oblige à couper des patates moisies pour cuisiner sa bouffe qu'on mangera même pas parce que finalement même si je suis descendue acheter des légumes pour lui, ben chipie est pas assez généreuse parce qu'elle a pas voulu acheter des produits herbal life qu'il nous avait offert en déjeuné la journée d'avant et que maintenant il nous force a acheter. C'est sa face que je vois me disant que je suis la femme de sa vie, qui m'obligeait à longer les murs à n'importe quelle heure de la nuit parce que je ne voulais pas aller aux toilettes toute seule, supliant ainsi Chipie de m'y accompagner parce que sinon j'avais ce psychopathe là qu'y avait comme un radar, dès que je sortais de notre chambre, il se ruait hors de la sienne, me prennait par le bras et je disparaissais dans sa chambre pour une longue conversation sur " à quel point je serais heureuse avec 10 bébés en afrique avec lui". C'est sa face de con qui sait pas jouer à jungle speed et qui nous empêche de jouer avec le voisin parce qu'il est trop contrôlant et exige qu'on se batte à sa façon. C'est toujours son esti de sourire de psychopathe qui me vient en tête quand je me remémore mon voyage, quand il me traitait de conne, dérangée, débile parce que je supportais mon amie et la défendais quand il la traitait de rude, d'arrogante et égoïste avec une attitude de marde parce qu'elle ne souhaite pas acheter ces criss de shake d'herbal Iife. C'est la vue que j'avais en fesant la poche de patate contre mon gré, sur son épaule que je me souviens parce que je l'aidais à se maintenir en forme, lui évitant un passage au gym. Et la sensation sur la balance, où il me fesait monter de force, de me faire dire que je suis grosse et donc pratique pour ses trainning. Je me souviens aussi du stress que nous avions à nous changer dans notre chambre puisqu'il y entrait toujours sans frapper souvent juste pour nous dire " Ça pue icitte, ouvrez la fenêtre."

Mais le tout premier souvenir que j'ai quand je repense à notre séjour à Barcelone, c'est que nous nous soyons faite crisser dehors à 23h45. Il avait engueulé Chipie pendant que j'étais dans la douche. Il attendait de pied ferme que je sorte. Il ne voulait pas que je parle avec elle ni qu'elle m'explique ce dont il était question. Il m'empêchait donc d'entrer dans ma chambre me forçant à aller directement dans la sienne. Tu veux pas commencer à me faire chier toi. J'ai parlé avec chipie un peu. En fait j'ai juste besoin de voir son regard pour tout comprendre et je savais déjà que quelque chose cloche sérieusement. Depuis quelques temps déjà elle me demande de changer de place. De prendre un petit hostel pas cher parce qu'elle est pas capable de l'endurer. Mais la, dans son regard je sais qu'on va devoir partir sous peu : " elle en a plein le cul". Après avoir pris connaissance de la situation avec chipie, je vais dans la chambre de kim pour me faire dire à quel point je suis la fille la plus stupide du monde d'avoir une amie comme Chipie, que je suis égoïste et que je serais bien mieux de l'écouter lui et de me marier avec lui. À la fin de son monologue j'ai juste dit "de quel droit tu te permets de juger mon amie de toute façon !??" Il a comme disjoncté. Il est devenu fou. Il a crier et tout. Je me suis levée calmement, je suis retournée dans notre chambre et j'ai dit à chipie : "ça te va si on part tout de suite !?" En moins de 2 minutes les bagages étaient fait et on était prête à partir. On a souhaité dire aurevoir au mexicain qui nous avait beaucoup aidé avec des conseils touristiques et tout... Mais Kim nous poussait vers la porte et nous forçait à partir et nous disait des bêtises. C'est quand même pas facile quand on ne connait pas une ville de se retrouver à la rue, vers minuit sans savoir où aller, avec des valises. On a pris le dernier métro vers le centre. On c'est trouvé une chambre dans le premier hotel qu'on a vu et on a enfin pu respirer.

On a comme retrouvé notre liberté. On a eu un bon dernier 3 jours de voyages. Kim m'avait forcé à venir avec lui à un séminaire dans le sud de l'Espagne pour 2 jours. Quand il a comme réaliser qu'il nous avait fait décamper et qu'on reviendrait pas j'ai eu droit à des emails pour me convaincre que ce n'était pas contre moi mais contre Chipie qu'il en avait, qu'il m'aimait beaucoup et qu'il voulait vraiment me revoir.... Je n'ai jamais, de toute ma vie, rencontré un tel psychopathe.

Raconter ça aujourd'hui me semble drôle et absurde mais sur le coup c'était loin d'être amusant. Chipie a pris l'avion 3 jours plus tard pour rentrer au Québec et moi je partais en stop de l'aéroport pour Madrid.